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25/5/12 > |
[Critique] Cosmopolis
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Un film de David Cronenberg. Avec Robert Pattinson, Sarah Gadon, Paul Giamatti, Juliette Binoche et Mathieu Amalric. Date de sortie cinéma : 25 mai 2012.
David Cronenberg livre l’adaptation très attendue du roman de Don DeLillo avec ce Cosmopolis, dans lequel on trouve Robert Pattinson dans le rôle principal.
Dire que le Cosmopolis de David Cronenberg était attendu au tournant est un euphémisme. Livrer l’adaptation du roman de Don DeLillo pourrait se voir comme un signe de régénération pour ceux qui pensaient qu’il commençait sérieusement à ronronner, sa dernière réalisation, A Dangerous Method, ayant été reçue tièdement. On y suit donc le golden boy Erick Packer, qui traverse au sein de sa Limousine un Manhattan paralysé par la visite du Président des USA, tandis que le système capitaliste s’effondre. Il n’a qu’une seule obsession : aller chez un coiffeur à l’autre bout de la ville. Il avance donc peu à peu tandis que le chaos s’installe et il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Comment tout cela va se terminer ?
Voilà un beau pétard mouillé que ce Cosmopolis, livré par un David Cronenberg qui semble dépassé par l’œuvre originale et sans inspiration. Si le récit de DeLillo et ses thèmes intéressants sont bien évidemment présents, on remarque un peu avec tristesse que David Cronenberg illustre cela de façon tellement statique et avec de longs tunnels dialogués si fournis que le film finit par sembler terriblement bavard au point de tuer la portée du propos dans cette transposition finalement trop littéraire et théâtrale. Il y a des œuvres qui sont bien meilleures sur papier qu’à l’écran et ce Cosmopolis en fait partie, ne prenant jamais l’ampleur souhaitée et préférant une atmosphère feutrée et glacée qui empêche l’implication du spectateur dans ce récit sombre pourtant intéressant. Avec ces défauts énoncés, on ne peut alors qu’être agréablement surpris par la prestation de Robert Pattinson, qui semble montrer ici le début d’un talent qu’on ne lui connaissait pas, jouant avec sobriété et justesse le rôle de ce golden boy qui voit sa vie s’effondrer devant lui. Cette chronique sombre de la fin d’un monde méritait meilleur traitement que ces enchaînements de longues tirades que ne peuvent pas sauver les apparitions pourtant sympathiques de Juliette Binoche et Mathieu Amalric.
Attendu, ce Cosmopolis déçoit par l’incapacité de David Cronenberg à sublimer son sujet, filmant de longues tirades de dialogues sans inspiration, pour un film qui semble terriblement bavard et sans imagination dans la mise en scène.
4/10
Cyril Perraudat
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